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[DOSSIER] La nature au cœur du projet ViaSilva

Projet cessonnais et métropolitain de long terme, ViaSilva a toujours pris appui sur les grands espaces naturels. Le site se structure et s’adapte aux zones écologiques et naturelles existantes pour faire renaître un paysage. Parmi les impératifs du projet : la valorisation des zones naturelles pour permettre aux habitants, aux usagers, aux curieux de profiter de tous ces espaces de respiration.

 

Préserver & valoriser la « trame verte et bleue » de ViaSilva

Entre la forêt de Rennes et la Vilaine, ViaSilva s’inscrit dans un réseau terrestre et aquatique qui préserve la biodiversité du territoire. Dès le démarrage des deux premières opérations d’aménagement (Atalante ViaSilva et Les Pierrins), le projet fait l’objet d’une attention particulière pour assurer la préservation et la valorisation des ressources naturelles, le respect du circuit naturel de l’eau, de la biodiversité et la meilleure gestion des eaux pluviales.
« La trame verte et bleue existe depuis les études de définition du projet, c’est la grande armature de ViaSilva » explique Valérie Lucas, responsable d’opérations au sein de la SPLA ViaSilva.

Pour les paysagistes Cécile Beaudesson et Camille Maerten de l’agence D&A, il était important de créer une proximité entre nature et ville, avec la campagne à moins de 5 minutes de chez soi. « Il s’agissait de mettre en valeur et restaurer la nature en aménageant des parcs et en préservant le maximum. Créer des promenades accessibles, retrouver une nature de sol naturelle et une biodiversité pour la faune et la flore. »

 

Éviter, réduire, compenser

Pour chaque projet urbain, la stratégie est la suivante : en priorité, éviter d’impacter le plus possible la nature ou sinon réduire au maximum les impacts. Lorsque ces deux objectifs ne peuvent être remplis de manière convaincante, il devient impératif de compenser.

En 2019, à l’issue des études d’avant-projet, des études réglementaires (dossier « loi sur l’eau », dossier « espèces protégées ») dans lesquelles la séquence « Éviter-Réduire-Compenser » a été mise en oeuvre, le projet ViaSilva obtient une Autorisation Environnementale Unique (AEU) avec l’obligation de préserver cette trame, mais aussi de la renforcer par l’intégration des mesures de compensation et d’accompagnement. En effet, les études et inventaires réalisés à plusieurs échelles ont permis de préserver les zones humides et les espaces de biodiversité dans leur très grande majorité (mesure d’évitement). Il s’agit également de réduire puis compenser en restaurant les cours d’eau, en redonnant son nivellement historique au site, en plantant des arbres…

Les travaux de terrassement, les bassins de rétention et les mesures environnementales (suppression de remblai en zone humide, création de mares...) débutent cette même année. Un suivi environnemental et une maîtrise d’oeuvre qui sont menés conjointement avec le bureau d’étude Artelia.

« Nous sommes présents en permanence pour créer du lien entre les différents acteurs du projet sur le volet biodiversité et veiller à la prise en compte des enjeux environnementaux. Nous accompagnons les acteurs de terrain avec la réalisation d’audits environnementaux et la sensibilisation des entreprises de travaux publics et de construction. Nous veillons à la mise en place des mesures pour réduire les impacts des travaux sur la végétation, la faune et la qualité de l’eau » souligne Jérémy Judic, chef de projet Artelia Villes et Territoires. « Des prélèvements d’eau et un suivi mensuel des niveaux de nappe sont également réalisés pour suivre les effets des mesures environnementales mises en place. Une coordination globale est réalisée entre les entreprises, la maîtrise d’oeuvre, les associations environnementales, les services de l’État et le porteur de projet. Nous agissons comme un tiers en produisant des rapports, avec photographies à destination des services de l’État et des associations environnementales » précise Jérémy Judic.

 

Des rues-jardins aux parcs

Perspective des rues-jardins« À ViaSilva, l’idée était de créer toujours plus de liens entre parcs et espaces urbanisés, la notion de « rues-jardins » est apparue lors de la concertation afin que la confrontation entre l’espace urbain et l’espace vert ne soit pas trop brutale » explique Valérie Lucas.

Ainsi le parc de Boudebois est un vaste parc agro-naturel, véritable espace central de l’écocité.

Relié à plusieurs corridors verts, il est la première étape d’un vaste réseau de parcs. Il s’agit en outre, de préserver les hameaux, mettre en valeur le patrimoine rural remarquable ainsi que les continuités rurales.

Avec les paysagistes de D&A, l’écologue d’Artelia, le spécialiste des arbres Aubépine et les associations environnementales, un travail de fond est mené pour son aménagement : les essences à préconiser, la préparation de la protection des arbres, la gestion des nids d’écureuil avant abattage, les périodes d’intervention selon les espèces animales, l’analyse de l’eau et le suivi scientifique et la protection des espèces !

Le système de parcs s’appuie sur les grands ensembles biologiques et hydrologiques du territoire. Il compose une matrice qui structure l’ensemble des quartiers de ViaSilva. Destinés avant tout aux citadins, les parcs jouent, en outre, un rôle technique permettant de gérer l’ensemble des eaux pluviales. Ils mettent en relation les ruisseaux et les zones humides.

Avec l’arrivée du métro, le parc de Boudebois deviendra accessible à tous. « Les chemins seront tracés mais nous ne voulons pas aller trop loin dans le choix des usages. Nous souhaitons travailler avec les habitants, se concerter pour les choisir ensemble » souligne Valérie Lucas.

 

Un plan de gestion du parc pour 2021

La Ville de Cesson-Sévigné et Rennes Métropole prendront bientôt la main pour assurer la bonne gestion du parc. Ce plan, rédigé avec le comité de suivi scientifique, les associations environnementales et les habitants définira une gestion différenciée pour entretenir le parc, en tenant compte des enjeux écologiques et des usages (éco-pâturage, fauche, entretien des bassins de rétention…). Pour Denis Pépin, membre de l’association Bretagne Vivante et habitant du site, « il est primordial de créer des mosaïques de lieux sur Boudebois, puis Belle Fontaine plus tard. La vie c’est la diversité. La biodiversité de lieux (parcs naturels, horticulture…) et de modes d’entretien se montrera importante pour la suite ».

 

Retrouver des cours d'eau naturels

 

En janvier 2020, l’Office Français de Biodiversité revient sur l’AEU et demande de reprendre les travaux notamment pour les ruisseaux. Dès l’été 2020, les aménagements encadrés par le cabinet Artelia sont réalisés et validés par l’OFB, avec un avis très positif.

« Nous avons apporté notre recommandation technique pour que le projet atteigne ses objectifs initiaux. Les dimensionnements des lits des ruisseaux des Pierrins et de la Chalotais étaient surdimensionnés. Aujourd’hui, le parc dispose de vrais ruisseau » précise Mikaël Le Bihan, inspecteur de l’environnement à la direction Bretagne de l’OFB, spécialisé dans la restauration des cours d’eau et des bassins versants.

« Il s’agissait de retrouver des cours d’eau naturels, sinueux qui peuvent déborder dans leur lit majeur, qui présentent des alternances de mouvements rapides et lents avec des graviers, des cailloux… Cette morphologie joue aussi un rôle important dans la prévention des inondations en aval. Par ailleurs, il fallait créer des bandes d’herbes boisées le long de la rivière ; cette ripisylve, de son nom technique, qui maintient la fraîcheur et joue un rôle très important face au réchauffement climatique. »

Saules, aulnes, frênes… bordent désormais les ruisseaux. Cette diversité d’essences d’arbres et la végétation permettent de nourrir les insectes tout au long de l’année. Or fournir l’habitat et l’alimentation aux oiseaux et aux poissons, c’est aussi contribuer à la qualité des eaux en aval.

« Il y a 15 ans, on creusait et busait les ruisseaux. Dans les lotissements précédents ils ont été tout bonnement enfouis. Il y a aujourd’hui des progrès considérables en termes de génie écologique et de leur acceptation politique. On prend en compte les milieux naturels des communes. Les aménagements hydrauliques et écologiques réalisés à ViaSilva vont dans le bon sens » constate Denis Pépin.

 

De la biodiversité avant tout

Réalisé en 2019, l’inventaire faune-flore montre une grande biodiversité sur tout le site de ViaSilva. Si le parc de Boudebois a été identifié comme un centre névralgique des zones humides, la zone Belle Fontaine est une zone importante pour les batraciens.

Denis Pépin a apporté sa connaissance des lieux. « Les inventaires ont notamment permis de repérer les amphibiens, les chauves-souris, les syrphes, le capricorne, le grillon de mercure… une faune d’une grande richesse. Il est important de savoir ce qu’il faut protéger, à quel endroit et comment. »

 

Le comité de suivi scientifique

Créé en 2019, le comité de suivi scientifique est composé des associations environnementales (Eaux et Rivières, LPO, Bretagne Vivante), des services de l’État (DDTM et OFB), des représentants de la SPLA, du bureau d’études Artelia, et des collectivités gestionnaires Cesson-Sévigné et Rennes Métropole.
Il assure les suivis environnementaux afi n de produire un rapport annuel. Il fait le point sur les travaux et assure le suivi des résultats des inventaires et de la qualité des eaux.